Mathias IMBERT (chant-contrebasse)

Parce-que tout ce qui m’intéresse se trouve quelque part d’où l’on ne sait rien, quelque part dans le moment précis, et précieux du premier pas de l’enfant;; de ses premiers mots; du premier orage, dont il fait semblant d’avoir peur; de ses premières révoltes; ses premières amours, dont il fait bien d’avoir peur; ses premiers liens avec la mort, qui sont comme une évidence, un enchainement d’évidences, de brûlures ancestrales, toutes ces choses que l’on sait que l’on ne sait pas que l’on sait.
Je veux parler de la mémoire dans tout ce qu’elle nous permet d’oublier, ou plutôt de ce qu’il reste après l’oubli: une infinité de savoir désordonné, innommable; une sensation du Big Bang, de l’atome, de la plante, de la bête, de l’humain.
L’humain, que l’enfant que nous sommes a goûté dans nos corps, d’abord avec le
regard aimant porté sur nos parents, notre famille, nos amis, puis le coup de
poignard de la désillusion quand on regarde au loin, et qui donne à l’enfant ses airs
de cruauté.
Là où j’en suis: dévasté, comme tout le monde, le silence fait place à la mémoire.
Parfois je me souviens que c’est le moment de vivre, alors je l’écris, puis je le chante.
Quant à la musique, qui tient du même mystère, si la rencontre du guitariste Brunoï Zarn, docteur ès foudre, qui officie avec moi au sein du groupe BOUCAN, du violoniste Mathieu Werchowski, éleveur d’étoiles, du batteur Laurent Paris, sculpteur de rêves, de moi-même, enfant millénaire, fut une évidence, le magicien d’Oz Fritz
(Tom Waits, Bill Laswell…), qui a mixé l’album en Californie avec une pincée de bave de crapaud, quelques cheveux d’ange et beaucoup de savoir faire, fit à nouveau une belle démonstration de son sens de la magie.
L’alchimie a ses secrets que la mémoire ignore, et j’ai la sensation que les chansons sortent toutes seules, qu’il suffit de lever le petit doigt pour que la terre tremble, qu’il
n’y a plus qu’à lâcher les chiens…pour que les chiens s’amusent.

Après le conservatoire de Montpellier, Mathias se lance sur scène pour de nombreux concerts avec différents groupes : Jim Murple Mémorial, Zazie Musette, Derien… Le projet IMBERT IMBERT a été créé au printemps 2005, Mathias Imbert en est l’auteur, le compositeur et l’interprète. Sortie du premier album «Débat de boue» en mai 2007 : trois clés Télérama, chroniques dans Libération, France Inter, France Culture… Près de 6000 exemplaires vendus et plus de 160 concerts en France, Suisse, Belgique et Canada.
Parmi ces nombreuses dates, de très belles premières parties :
Arno, Mano Solo, Les Ogres de Barback, Brigitte Fontaine, Renan Luce,… Ainsi que de très beaux plateaux : Paris Plage en juillet 2007 et 2009, Soirée ADAMI – Découvertes du Printemps de Bourges le 30 octobre 2007, ou encore Les Francofolies de Montréal 2009.
Cette tournée a également été l’occasion d’une récolte de prix :
Prix du Club des Entreprises des Francofolies 2006 Chantier des Francofolies
1er Prix – Le Mans Cité Chanson 2007 / Découvertes Printemps de Bourges 2007
Bravos du Public et des Professionnels Alors Chante ! 2007 / Le FAIR 2008
Prix Félix Leclerc 2008.